Pose Emotions

Carnet de voyage

5 Comments dans Carnet de voyage, Doubs

La source de la Loue

La Loue prend sa source dans le Doubs, le département et la rivière. En effet, une partie des eaux de la Loue provient du Doubs. Célèbrement peint par Courbet, cette source a fait couler beaucoup d’encre et même pas mal d’absinthe, si l’on se réfère à la découverte de l’origine de cette eau. En effet, une distillerie en feu à Pontarlier nécessita le déversement des cuves d’absinthe dans le Doubs, rendant les eaux de la Loue aussi délectable que le contenu d’un verre, sur la terrasse d’un café.

La source de la Loue

La source de la Loue

Il est facile d’accéder à la source, un chemin en dur la reliant à un parking aménagé 600m plus haut. La source apparait sur la droite, à l’aplomb d’une falaise d’environ 100m de haut.

L’accès à la source est empêchée par une barrière qu’en tant que photographe, je me suis empressé d’enjamber discrètement. La pratique de la photo ne justifie pas la prise de risques inutiles et loin de moi l’envie de donner un mauvais exemple aux touristes présents. Mais comme il peut être vexant de trouver un chapeau ou une barrière dans le cadre de sa photo ! De plus, pour renforcer le coté impressionnant, rien de tel que de se placer le plus bas possible et de cadrer la cascade, la grotte et toute la falaise dont la crête est effleuré par les rayons du soleil.

Sortie de la source de la Loue

Nous vivons une sorte d’ambivalence en visitant la source de la Loue. L’endroit est calme, ampli d’une quiétude toute bucolique alors que nous sommes confrontés à la violence des éléments. La source reste cachée du soleil et le débit de l’eau cascadant entre les rochers est impressionnant, même en été ! Il semble que la source ne soit jamais à sec sauf très rares exceptions.

Actuellement, un barrage alimente le réseau EDF à quelques centaines de mètres en aval.

Au pied de la cascade

En contrebas, nous trouverons quelques tables de pique-nique et des sentiers de randonnée pour se faire les mollets !

A voir absolument, la cascade du Grand Saut à moins d’un kilomètre de la source. Un sentier forestier des plus agréables nous y mène aisément !

La source de la Doue

La source de la Doue serait la seule que compte le Pays de Montbéliard. Cette source est une exurgence qui s’écoule au pied d’une reculée rocheuse entre Glay dans le Doubs et Fahy en Suisse.

Grotte source de la Doue

Grotte de la Source de la Doue

L’été, lorsque l’eau n’a pas un trop gros débit, il est possible d’enjamber la barrière et de descendre les quelques marches pour arriver dans la grotte, à la source proprement dite. Moyennant équipement de spéléologie, il est surement possible de s’aventurer plus avant !

Grotte de la Doue

La Grotte de la Doue

Vu de l'intérieur de la grotte

Vu de l’intérieur de la grotte

A la sortie de la grotte, il y a un captage pour alimenter le moulin. Ce endroit est agréable à visiter tant l’été pour la fraîcheur des lieux que l’hiver pour l’abondance de l’eau.

Si le volume de l’eau est suffisant, alors vous verrez surement la roue à aube tourner. Celle-ci mesure 3.70m de diamètre.

A l’extérieur de la grotte, à partir de la déviation pour alimenter la roue à aube, la Doue cascade entre les rochers :

Source de la Doue

La Source de la Doue

Au niveau de Glay, la Creuse, un autre petit ruisseau, se jette dans la Doue pour former le Gland qui coule à Hérimoncourt et Seloncourt. Le Gland se jettera ensuite dans le Doubs au niveau de Valentigney.

Source de la Doue

La cascade de la Doue

2 Comments dans Carnet de voyage, Doubs

La grotte de la tante Arie dans le Pays de Montbéliard

Entrée de la grotte de la Tante Arie

Entrée de la grotte de la Tante Arie

Rares sont les personnes qui, ayant passé quelques temps dans le Pays de Montbéliard ignorent tout de la tante Arie. Moins rares sont celles qui connaissent son histoire et son origine. Mais, passées les frontières de l’ancienne principauté de Montbéliard, passés les Vosges et le Jura, qui a entendu parlé de cette Tante Arie ?

Une histoire devenue légende

Fée sans baguette, bonne étoile aux cheveux blancs, espiègle mais néanmoins bienfaisante, la tante Arie fait le plaisir des petits à l’approche de Noël !

On aime à raconter que l’histoire de la Tante Arie ou Tante Airie remonterait au début du XVème siècle. Henriette de Montfaucon, comtesse de Montbéliard, épouse Eberhard IV, comte de Wurtemberg en 1407. A la mort de ce dernier en 1419, Henriette devint comtesse de Montbéliard et de Wurtemberg, mais destituée par ses deux fils on ne peut plus ingrats, elle se réfugia au château d’Etobon, près d’Héricourt en Haute-Saône d’où elle prodigua aide et réconfort aux habitants.

Morte en 1444, Henriette fût tellement aimée durant son vivant, qu’après sa disparition, elle n’abandonna pas complètement la région. Aussi la voit-on de temps en temps, à l’orée d’un bois, un bâton à la main et la longe de son âne “Marion” dans l’autre. Le soir du 24 décembre, elle apporte cadeaux et friandises aux enfants qui ont été sages. Ces friandises, les “nichottes” qu’elle confectionne elle-même sont si bonnes que même les polissons restent sages durant les jours qui précèdent Noël…

Henriette devient Ariette, puis Arie…

La grotte de la tante Arie

La tante Arie compte plusieurs demeures. Elle peut habiter Boncourt en Suisse (Grotte de Milandre), le Mont-Bart (près de Bavans) ou encore Vyans-Le-Val (lequel se rapproche d’Etobon). Mais son lieu de prédilection est sa grotte située au cœur du Lomont, dans le Combe Noire, à Pierrefontaine-Lès-Blamont, près de Blamont, au sud de Montbéliard.

Entre les pins verts de mousse, l’entrée de la grotte se repère facilement. Un petit chemin nous y mène. Une marche et nous voila dans la grotte large de deux mètres cinquante et haute de 2 mètres. Profonde d’environ six mètres, la grotte dévoile une petite anfractuosité que seul un enfant peut franchir.

Anfractuosité de la grotte de la Tante Airie

Anfractuosité de la grotte de la Tante Airie

Quelques curieux détails

Eine Feste Burg ist unser Gott

Eine Feste Burg ist unser Gott

Sur les parois de la grotte, on peut y lire de part et d’autre deux inscriptions. “IHS – Eine Feste Burg ist unser Gott” d’une part ; ce qui voudrait dire “une forteresse est notre Dieu”. Et la date 1855 de l’autre.

IHS est un monogramme chrétien utilisé par l’Eglise protestante de Genève : Iesus Hominum salvator.

Eine Feste Burg ist unser Gott est une Cantate de Jean-Sébastien Bach BWV80. Martin Luther est également à l’origine d’un cantique protestant : Ein’ feste Burg ist unser Gott tiré de la bible, psaume 48.

En 1855, l’Eglise luthérienne du Pays de Montbéliard était rattachée à l’Eglise luthérienne d’Alsace et de Lorraine ( jusqu’à la guerre de 1871)  et  formait une entité connue sous l’appellation :  Eglise de la Confession d’Augsbourg  (église luthérienne).

Y a-t-il un lien entre ces inscriptions dans la grotte et la Tante Arie ? Je cherche encore !

1855 - Deuxième inscription

1855 – Deuxième inscription

A l’entrée de la grotte, à gauche de l’ouverture, se trouve une petite lucarne où, nous dit-on, les gens apportant quelques cadeaux, les déposent afin de témoigner leur amour à la fée bienfaisante du Pays de Montbéliard !

Peut-être qu’un jour, ce lieu de quiétude me servira de scène pour une séance photo dont je vous laisse deviner le thème…