Le clic droit est-il vraiment nécessaire ?
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Où vont les 100€ du client ? Résultats 2017…

Comme l’an passé, je tiens à présenter mes résultats de l’année, d’une part par soucis de transparence et d’autre part pour répondre rapidement aux clients qui ne comprendraient pas que je “facture si cher” un geste si simple que celui d’appuyer sur le bouton.

Quelques changements importants par rapport à l’an passé. Je suis couvert par une assurance responsabilité civile pro laquelle est obligatoire, et par une autre assurance bris et vol du matériel photo et informatique.
J’ai d’autre part réalisé d’importants investissements ; ceux-ci étaient nécessaires pour assurer les contrats de l’année : un boitier Nikon D810, un caméscope pour répondre à la demande d’un couple lors d’un mariage, enfin un serveur NAS (pour Network Attached Storage, comprenez un serveur de données) car je garantie la disponibilité des photos aux clients au minimum durant 1 an.

La ventilation des charges

Je reprends la même liste que l’an passé et je citerai :

  • Les taxes, charges sociales et autres cotisations,
  • Le coût de fabrication des articles choisis : album, tirage, cadre, clé USB, etc.
  • Les assurances, la banque
  • Les déplacements, les frais annexes
  • L’amortissement et investissement des appareils photos, objectifs, licences, matériels de studio, matériels informatiques, accessoires, etc.

Laissez-moi la liberté de garder privés les résultats absolus et d’exprimer les chiffres en relatif.

1 – Les charges

  • Ventes de marchandises (14.1%) + prestation de services (24.4%) : 19.65%
  • Taxes CMA sur les marchandises (0.22%) et sur les services (0.48%) : 0.36%
  • Formation artisan obligatoire : 0.30%
  • CFE : 1.44%

Soit un total de 21.75%.

2 – Coût de fabrication et services des prestataires

Ces sont les coûts de tirages, de fabrication des albums et autres produits photo : 28.01%

3 – Coûts banque et assurances

A la fois incontournables et peu variables, ces coûts peuvent pénaliser fortement un résultat si on n’y prend pas garde.
Cette année, je n’ai à déplorer aucun frais bancaire. La banque en ligne Soon, filiale d’AXA et qui a fusionné avec AXA banque cette année, acceptent les micro-entrepreneurs. Sous la condition de réaliser 900€ d’achats par carte par trimestre, elle propose la gratuité de la carte bancaire.
J’ai souscrit à une assurance responsabilité civile professionnel ainsi qu’à une assurance bris et vol du matériel photo. Le coût de cette assurance étant important, je n’ai assuré que le matériel coûteux qui va régulièrement sur le terrain : boitiers et objectifs. J’ai donc exclu les flashs, les accessoires, l’ordinateur…

  • Banque : 0%
  • Assurances : 2.87%

Soit un total de 2.87%.

4 – Les déplacements, les frais annexes

Nous retrouverons ici le carburant, les frais bureautiques (cartouches, papier, etc.), l’hébergement du site internet, la publicité, etc. Il est difficile d’établir précisément le budget carburant, la voiture servant à la fois pour les activités professionnelles et personnelles. J’estime que l’usage de la voiture est principalement privé et de ce fait l’entreprise Pose Émotions n’a que peu d’influence sur l’usure de la voiture. Je ne comptabiliserai alors que le carburant.

  • Carburant : 3.66%
  • Hébergement web : 0.81%
  • Publicité : 1.16%
  • Formation : 0.20%

Total : 5.83%

5 – Matériel et accessoires

Il est normal pour une jeune entreprise qui n’avait pour ainsi dire aucun capital de départ de trouver un poste important en investissement durant les premières années. J’ai reçu cette année le “cash back” Nikon sur un objectif acheté en 2016. Outre le D810, un camescope Sony et le NAS QNAP, j’ai du acheter quelques accessoires supplémentaires : carte mémoire, batterie, œilleton perdu, une robe pour une séance photo…

  • Matériel photographique : 31.44%
  • Garantie : 1.14%
  • Autre : 1.85%

Total : 34.43%

Amortissement

Il serait impensable et imprudent de se lancer dans une aventure professionnelle sans penser à l’avenir. Bien que prenant généralement soin de mon matériel, je suis prêt à prendre des risques et à sacrifier le matériel au profit de la réussite de la séance photo. Ainsi, en 2016, ai-je perdu un objectif et un boitier noyé au fond d’un lavoir lors d’une journée mariage. Heureusement, je n’ai quasiment rien eu à déplorer comme perte cette année !
Je dois donc envisager de mettre de coté le juste quota pour renouveler mon matériel existant.
J’amortis les boitiers en 5 ans, les objectifs en 10 ans, les flashs en 5 ans, les accessoires studio mobile en 8 ans, l’ordinateur en 5 ans et le serveur en 8 ans.
Ne comptant pas pour cette année l’amortissement du matériel acquis cette année, mon amortissement aurait dû s’élever à 10.05% ! Or, je ne dispose plus que de 7.11%…

Bilan économique

Et voila, le bilan est réalisé !
Vous remarquerez que tous ces magnifiques pourcentages ne sont pas restés dans ma poche !

La totalité de mes charges s’élèvent à 92.89%. Alors je tiens à rassurer le client qui trouverait mes prestations trop chères : sont argent sert essentiellement à lui garantir un service et des produits de qualité ! Ainsi, lorsque ce même client me paye 100€, seuls 7€ reste au final dans ma poche !
En comptabilisant l’amortissement, je suis déficitaire de 3€.

Comparatif entre 2016 et 2017

Un camembert vaut parfois mieux qu’un long discours. Alors que dire de deux camemberts ?

Voici les données brutes :


2016 2017
Taxes 28.32% 21.75%
Fournisseurs 17.8% 28.01%
Frais de services 1.7% 8.7%
Investissements 22.5% 34.43%
Amortissement 17.7% 7.11%
Bénéfices nets 11.98% 0%

La part des charges a diminuée par rapport à 2016. Cela vient du fait que j’ai vendu beaucoup plus de produits en 2017 et que la revente de marchandises est moins taxée que la vente de services.

A contrario, les frais fournisseurs ont augmenté. Plus généreux que commerçant, je n’hésite pas à faire plusieurs cadeaux aux clients et aux personnes qui me font confiance. Cela baisse artificiellement le ratio vente de produits/vente de service ; mais au global, ce sont bien des frais supplémentaires.

Les frais de services ont augmenté et cela est légitime : calcul plus juste des frais de déplacement, l’achat de licences et les nouvelles assurances expliquent l’écart. Néanmoins, le budget alloué à la publicité est allé en pure perte : les audiences Google Adwords n’ont été suivies d’aucun effet. Pire : Google m’a fait miroiter des offres de bienvenue mensongères : 80€ offerts après 50€ dépensés par exemple.

Mes investissements ont été nécessaires et même salutaires. J’ai actuellement le matériel nécessaire pour réaliser tout type de séance portrait hors studio. 2016 a été l’année d’acquisition d’objectifs ; 2017 a été celui d’un boitier professionnel supplémentaire et du serveur de données pour la sauvegarde et l’archivage des photos. En 2018, si investissement il y aura, cela pourrait être l’aménagement du studio photo. Mais ce n’est pas garanti, car ma situation géographique n’est probablement pas compatible avec une activité studio fixe.

Le ratio d’amortissement a bien évidement baissé, vu que mon Chiffre d’Affaire a augmenté.

Quant aux bénéfices, cette année, je vais m’assoir dessus, mes investissements ayant pris toute la part du gâteau restante !

Conclusion du bilan

L’année 2017 a été riche. Même si les chiffres ne l’ont pas encore montrés, j’ai eu globalement trois fois plus d’événements qu’en 2016. Fait intéressant, le panier moyen d’un mariage en 2016 était de 685€, alors qu’en 2017, il est d’un peu plus de 1000€.
La satisfaction des clients est globalement excellente ; en témoignent les avis (non censurés) du livre d’or. J’ai écris “globalement” pour être honnête car j’ai eu quelques retours de clients qui m’ont demandé d’effacer certaines publications facebook.
Je me suis presque forcé pour effectuer un stage photo au début de l’année. Je verse un pourcentage de mon CA à la formation professionnelle. Il serait donc stupide de ne pas en profiter, le reste à payer étant faible et depuis peu, les frais de déplacement et d’hébergement sont pris en charge. Je compte donc poursuivre sur cette voie en 2018.

De plus, j’ai eu l’occasion d’apprendre à utiliser une chambre photographique puis à développer et tirer les plans film. Bien que difficilement commercialisable, ce savoir du photographe à la Chambre me permet de mieux appréhender la photographie moderne et sa démarche.

Cependant, la gloire ne nourrit pas et le but premier d’une entreprise est de réaliser des bénéfices. Or, ils sont absents cette année, tandis que mon “capital de renouvellement” du matériel a faibli. Que faire ? Jeter l’éponge et baisser les bras ?

Je ne pense pas. Le bilan n’est pas catastrophique. Je suis incapable de vivre de la photo mais étant salarié par ailleurs, je vis de manière satisfaisante. L’activité professionnelle photographique me permet pour le moment de pratiquer ma passion sans que cela me “coûte un rond”. C’est une grande différence avec mon ancien statut de photographe amateur.

Je n’ai pas l’impression de “casser les prix du marcher”. Cependant, il serait judicieux de revoir à la hausse ma tarification. C’est ce que j’ai déjà fait au mois de septembre. Auparavant, la séance photo était gratuite et les produits étaient payant : cela ne paye pas. Le client n’achetant que ce qu’il veut, la valeur du travail fluctue in facto en fonction du choix des clients… Seconde piste, et il n’y a pas de mystère, il me faut augmenter la clientèle pour baisser mes charges et mon taux d’amortissement !

Affaire à suivre…

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