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Et si vous dramatisiez vos photos ?

Le dramatique en photo

Lorsqu’on parle de “drame”, on pense souvent aux problèmes, aux accidents, à la mort, bref, jamais rien de très réjouissant. D’ailleurs, la discipline du drame atteint autant le cinéma, le théâtre que la photographie. Il existe des comédies dramatiques, des pièces dramatiques ; alors pourquoi pas une photo dramatique ?

Au cinéma, le drame sera mis en place grâce à plusieurs canaux sensoriels : l’audition, via les voix et la musique, les images, via le maquillage, les costumes, le choix du lieu. Au théâtre, le jeu des acteurs est primordial, car le lieu est limité par un décors de scène et la musique est peu présente, voire absente.

Flora

La magie d’une photo, c’est la suggestion de tous les sens de perception par le biais d’un seul canal sensoriel, la vue.

Un petit exemple : Prenez en photo une charogne en décomposition. Vous allez sans difficulté transmettre un émotion de dégoût et suggérer une odeur pestilentielle !

Pourquoi dramatiser sa photo ?

Le traitement d’une photo pour la rendre plus dramatique résulte d’une volonté  de saisir le lecteur en renforçant certains éléments issus de la photo de base. Sur le site Nature Photographie (Philippe Sainte-Laudy), ce traitement s’applique pour la photo de paysage. Dans ce cas, le “drame” sera descellé dans la météo et le déchaînement des éléments : orage, vent, volcan, tourbillon, etc.

Elle peut cependant aussi s’appliquer à la photo de portrait !

Peut-être avez-vous déjà entendu la critique suivante : ta photo, elle est un peu plate ! Bien sûr qu’elle est plate ma photo, c’est une feuille de papier !

On dit qu’une photo est “plate” lorsque la mise en scène et les détails ne sont pas mis en valeur. Le contraire d’une photo “plate”, c’est une photo “dynamique”. On peut trouver de la dynamique dans le mouvement, les expressions des modèles, mais on peut également trouver du dynamisme dans les tonalités !

La démarche pour dramatiser sa photo en toute simplicité

Alors comment rendre sa photo dramatique et comment renforcer ce coté dramatique :

  1. Par la mise en scène, lors de la prise de vue
  2. Par le traitement

Pour ce qui est de la mise en scène, votre culture et votre imagination feront la différence. C’est à vous de jouer et de composer !

Pour ce qui est du traitement, voici quelques astuces ! Je vais utiliser cette photo, (prise lors du défilé de mode à la Foire-Expo de Montbéliard en 2016) pour présenter différentes combinaisons de traitement selon différents logiciels :

Avant le traitement

Chacun peut développer sa petite sauce, ce qui compte, dans ce cas, c’est le résultat final.

Dans les premiers temps, je me servais de la technique présentée sur le blog nature-photographie. La méthode est facile à appliquer tant elle est bien présentée. Je la trouve néanmoins un peu fastidieuse et surtout je trouve que la recette est un peu difficile à mémoriser.

Pour ma part, bien qu’utilisant occasionnellement la recette “Nature photographie”, j’applique plus souvent une recette plus personnelle et à mon sens plus simple. D’ailleurs certaines étapes sont identiques.

Cette méthode a l’avantage de pouvoir s’appliquer tant sur Photoshop, sur lightroom que sur Gimp et certainement d’autres logiciels de traitement d’image (Dartable).

Les étapes :

  1. Créer du dynamisme en étalant la plage des tonalités du noir pur au blanc pur. Il faut parfois pour cela régler hautes et basses lumières (niveaux sur PS).
  2. Ensuite diminuer la saturation. A-t-on vu une drame se dérouler sous un beau ciel bleu ? Non ! En baissant la saturation, on va transformer le beau bleu en bleu-gris.
  3. Ajouter du contraste, afin de rendre les noirs plus profonds et les blancs plus vifs.
  4. Accentuez les détails (filtre accentuation sur Gimp et Photoshop ou ajoutez un peu de clarté dans Lightroom) pour un effet encore plus saisissant !
  5. Ajouter si nécessaire un vignetage négatif (peu intuitif sur Gimp : créer un calque, faire un dégradé radial blanc au milieu vers noir à l’extérieur et basculer le calque en mode superposition).

Le vignetage est généré naturellement par un défaut d’optique. Malgré que les constructeurs perfectionnent cet aspect, il est parfois intéressant de le retrouver…

Un discours sans illustration, c’est comme un apéro sans cacahuète !

[toggles class=”yourcustomclass”]

La recette du site Nature Photographie

La recette du site Nature Photographie

[caption id="attachment_4754" align="aligncenter" width="200"] Les réglages Philippe Sainte-Laudy[/caption]

Comme déjà écrit, ces réglages sont tout à fait satisfaisants et même si on maîtrise peu Photoshop, les étapes sont très détaillés. Je regrette cependant qu’une désaturation ne soit pas intégrée à ces étapes, car cela renforce grandement le coté dramatique d’une photo. De plus, il n’est pas forcément évident de transposer ces réglages sur Lightroom, Gimp ou même Darktable !

Lightroom

Lightroom :

[caption id="attachment_4751" align="aligncenter" width="293"] Les réglages de base[/caption]
[caption id="attachment_4752" align="aligncenter" width="295"] L’ajout de vignetage[/caption]

 

[caption id="attachment_4753" align="aligncenter" width="800"] Le résultat avant/après[/caption]

Tout est une question de doigté. Les réglages sont à réaliser selon les goûts de chacun et selon le but recherché !

Photoshop

Photoshop

[caption id="attachment_4758" align="aligncenter" width="266"] Etape pour dramatiser une photo sur photoshop[/caption]

Sur Photoshop, vous retrouvez le réglage des niveaux afin d’étirer l’histogramme le plus large possible. Cela revient à régler les tons, clairs, foncés, noirs et blancs sur Lightroom.

Comment faire ? Vous avez la fonction automatique, c’est bien pratique. Sinon, le but est de déplacer les curseurs. Le curseur droit, vers la gauche jusqu’à ce que vous rencontriez de la “matière”, ainsi vos blancs deviendront bien blancs et non plus gris. Et le curseur gauche vers la droite, encore une fois, jusqu’à rencontrer de la matière. Vous aurez alors étaler votre gamme de couleur du noir au blanc !

Ensuite l’ajout de contraste, un réglage des courbes afin de nuancer les tons foncés et les tons clairs. Et enfin une réduction de la saturation et de la vibrance.

[caption id="attachment_4756" align="aligncenter" width="200"] Résultat des opérations sur Photoshop[/caption]

GIMP

Gimp

Il est facile de formuler beaucoup de reproches à Gimp, surtout si l’habitude de travailler avec Photoshop ou Photoshop Lightroom est prise. Cependant, vous ne pourrez jamais lui enlever son avantage incontestable sur les produits Adobe : Gimp est gratuit !

Alors, si la question du budget se pose à vous, pourquoi ne pas l’essayer et l’adopter ?

Ma version GIMP est en anglais. Je vais cependant vous faire les traductions afin que vous vous y retrouviez. Il n’est donc pas exclus que je n’utilise pas des mots similaires à votre version.

Le réglage des niveaux : Menu couleurs ==> Ajuster les niveaux de couleur. Comme sur photoshop, il y a une fonction automatique.

[caption id="attachment_4761" align="aligncenter" width="196"] Etape 1 : ajuster les niveaux[/caption]

Le réglage de la saturation se fait en passant par le menu Couleur ==>Nuance et saturation

[caption id="attachment_4762" align="aligncenter" width="190"] Ajustement de la saturation[/caption]

Le réglage du contraste se fait en passant par le menu Couleur ==>Brillance et contraste

[caption id="attachment_4763" align="aligncenter" width="300"] Réglage du contraste[/caption]

L’accentuation est une étape facultative, à mon gout. Elle s’ajoute en passant dans le menu filtre ==> Amélioration ==> Renforcer la netteté

[caption id="attachment_4773" align="aligncenter" width="230"] Accentuez les détails[/caption]

L’ajout du vignetage n’est pas une fonction native chez Gimp. Il faut passer par la création d’un nouveau calque, puis à l’aide de l’outil de remplissage dégradé et le mode radial, appliquez le blanc au centre et le noir vers l’extérieur, puis passez le calque en mode de fusion “superposer”. Enfin, réduire l’opacité jusqu’au résultat souhaité.

Voici le résultat du traitement par GIMP :

[caption id="attachment_4777" align="aligncenter" width="200"] Résultat final pour GIMP[/caption]

Darktable

Darktable

Au même titre que GIMP, Darktable est une excellente, voire la meilleure alternative gratuite à Lightroom. Certes moins efficace en terme de temps de traitement, Darktable saura réaliser les traitements les plus courants sans aucun soucis ! Malheureusement, je crois que Darktable n’est développer que sur Linux.

Après l’importation de votre photo, allez directement dans le module de tonalité pour régler les niveaux. Encore une fois, pour avoir des blancs bien blancs et des noirs bien noirs déplacez les bornes pour supprimer les vides.

Ensuite, allez dans les modules de base pour régler les contrastes et la saturation, les ombres et les hautes lumières.

[caption id="attachment_4766" align="aligncenter" width="300"] Réglez le contraste et la saturation[/caption]
[caption id="attachment_4767" align="aligncenter" width="300"] Réglez les ombres et les lumières[/caption]

Je me permets jusque de fignoler en changeant la courbe de tonalité

[caption id="attachment_4768" align="aligncenter" width="263"] Réglage de la courbe de tonalité[/caption]

 

Enfin, les dernier module est consacré aux effets. Vous pouvez alors ajouter un vignettage !

[caption id="attachment_4769" align="aligncenter" width="300"] Ajouter un vignetage[/caption]

Et voici le résultat :

[caption id="attachment_4771" align="aligncenter" width="200"] Résultat final avec Darktable[/caption]

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Voici un récapitulatif des cinq solutions :

1 – méthode Philippe Sainte-Laudy, 2 – Lightroom, 3 – Photoshop, 4 – GIMP, 5 – Darktable

 

Vous avez eu du mal à suivre certaines étapes ? Ce n’est pas assez clair ni détaillé ? Ecrivez-moi un petit mot pour que je vous aide !

Et vous comment dramatisez-vous votre photo ?

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